Il y a seulement quelques mois le Président de la Commission, José Manuel Barosso, déclarait que le changement climatique était l'enjeu décisif de notre génération.
La communication de la Commission montre que le coût estimé d'un passage de l'objectif actuel de réduction des émissions de CO2 de 20% d'ici 2020 à celui de 30% a baissé du fait du déclin des activités économiques Il est moins cher d'investir dans une société sobre en carbone aujourd'hui plutôt que d'attendre encore de nombreuses années, et cet investissement aurait des impacts positifs immédiats sur l'économie de l'Union Européenne et le bien-être de ses citoyens :
Réduire les émissions de 30% permettrait d'économiser 40 milliards d'euros d'importations de gaz et de pétrole en 2020 - l'argent économisé pourrait être réinvesti là où l'Europe en a le plus besoin.
Le rapport RECIPE(2), commandité par le WWF Allemagne et Allianz, a montré qu'un objectif de réduction de 30% serait bénéfique pour l'économie européenne, et cela même sans engagements plus importants de réduction de la part des autres pays du monde.
Une étude publiée en 2009 par le WWF France(3) a montré qu'une réduction des émissions de CO2 de 30% d'ici 2020 permettrait de créer 684 000 emplois rien qu'en France.
Un rapport que le WWF a co-sponsorisé avec le CAN Europe et HEAL en 2008(4) a montré que les bénéfices additionnels pour la santé publique dans l'Union Européenne d'un passage à 30% comparé à l'objectif actuel de 20% serait de plus de 25 milliards d'euros par an à partir de 2020.
Le WWF accueille favorablement l'initiative de la Commission comme un pas dans la bonne direction pour aller au-delà des 20% d'ici 2020, même si un objectif de réduction de 30% par rapport à 2020 reste insuffisant par rapport aux recommandations des scientifiques pour éviter un réchauffement de plus de 2°C. Ce nouvel objectif de -30% devrait remettre l'Union Européenne sur les rails d'une trajectoire lui permettant d'atteindre son objectif de long terme -80 à -90% d'ici 2050 décidé par le Conseil Européen d'Octobre 2009.
Cette communication tombe aussi à point nommé, alors que le dernier rapport du Conseil d'Analyse Stratégique du gouvernement français prétendait que le passage à -30% aurait des impacts négatifs sur l'économie française, sans avoir fait l'effort d'une étude d'impact approfondie.