Conseil général du Vaucluse
Michel Fuillet : « Le Président a fait du développement durable une de ses priorités »
Michel Fuillet est Vice président du Conseil Général du Vaucluse, chargé de l'économie, de l'emploi, du tourisme et de la coopération décentralisée mais aussi Président de l'agence de développement économique du Vaucluse, qui mieux que lui pouvait nous parler du développement économique de son département.
Quelles sont les caractéristiques économiques du Vaucluse ?
Même si nous savons que le secteur tertiaire est devenu prépondérant avec 74 %, et le commerce la branche forte avec 32 000 salariés, à l'origine le Vaucluse est un département agricole dont l'économie s'est développée pour logiquement donner naissance à un important secteur agroalimentaire de transformation des produits. On observe un pôle fruits et légumes fort mais le fer de lance de l'agriculture reste la viticulture. Ces productions nécessitant d'être transportées, on retrouve aussi un certain nombre de plateformes logistiques. Le transport a donc pris une place conséquente dans notre économie vauclusienne. Mais l'industrie du BTP, qui malheureusement risque de connaître les affres de la crise, et le tourisme sont deux autres secteurs majeurs du département.
Comment le Conseil Général s'empare-t-il du développement durable ?
Le Président a fait du développement durable une de ses priorités à travers deux orientations :
-le schéma de développement du Vaucluse : Vaucluse 2015
- un Agenda 21 (démarche transversale de développement durable)
Le développement durable doit devenir le fil conducteur du développement, c'est un acteur de cohésion de tous les acteurs économiques.
En 2007, nous avons diligenté une étude sur nos filières qui a débutée par un état des lieux et s'est soldée par un programme d'action. Au niveau du BTPP et de la filière énergie, nous allons faire un effort particulier car ce sont ici des secteurs dynamiques et créateurs d'emploi s. Notre objectif, c'est de positionner le Vaucluse comme un des leaders sur le sujet. Nous avons déjà une entreprise majeure Eole-Res, le leader français de l'éolien qui a enregistré en trois ans une augmentation de 1 865 % de son chiffre d'affaires. En plus, ce marché est très porteur dans notre région où le soleil règne.
Quelles actions comptez-vous mettre en place ?
L'une des premières étapes sera la concrétisation d'un projet de plateforme de formation aux énergies renouvelables et à l'éco-construction car nos entreprises ont besoin de compétences nouvelles et notre public a besoin d'informations sur le sujet. On est dans la phase d'élaboration, fin 2009 on aura bien progressé. Pour l'instant, nous avons vu avec la Région pour établir un référentiel de formation afin de permettre des financements pour ces formations innovantes qui vont commencer cette année, notamment sur le volet énergétique. Un CAP et un BEP seront ouverts dès la prochaine rentrée, puis on s'attaquera aux niveaux plus élevés. Nous avons déjà alloué une aide de 50 000 euros pour cette formation.
Par ailleurs, on a adhéré au PRIDES Bâtiments Durable Méditerranéen dont l'annexe sera installée au château de La Tour d'Aigues. Tout ce qui consiste à pouvoir aider ce secteur est important, surtout lorsque cela participe au maillage territoriale et à la lutte contre la décentralisation.
L'agriculture est un secteur important dans le territoire, elle a façonné ce département et ses paysages. Comment le développement durable est-il perçu par les agriculteurs ?
Nos agriculteurs savent que le moteur de leur avenir est le développement durable. La demande du consommateur va dans ce sens. C'est aussi essentiel pour le respect de notre environnement qui est un élément majeur de notre économie et entraîne un développement touristique de qualité. On ne pourra pas aller dans le sens du progrès si on ne se lance pas dans le développement durable. Concrètement, nous travaillons avec les chambres d'agriculture sur ces sujets. Mais la prise de conscience est réelle et de nombreux efforts ont déjà été faits et ils se généralisent.
La crise risque-t-elle d'être un frein à la mise en place d'une politique de développement durable ?
Je ne suis pas devin mais cette crise nous préoccupe terriblement car on n'en mesure pas les effets mais juste les prémices qui sont de mauvais augures. Si on prend le secteur de la construction, on observe déjà un léger ralentissement. Est-ce que cela va impacter le développement durable et l'éco-construction je ne le pense pas, mais il faudra des aides et il faut les matérialiser le plus rapidement possible pour que ceux qui veulent construire n'aillent pas au plus pressé. On ne pourra pas revenir en arrière et ce malgré la crise. Ce sera en revanche plus difficile et plus long.