Est-ce parce que la réglementation bruxelloise impose désormais aux compagnies aériennes du monde entier transitant par un aéroport de l'Union européenne (UE) de payer pour ses rejets de carbone, Pékin a annoncé jeudi qu'elle soumettrait ses industries les plus polluantes à une taxe carbone. Le ministère des Finances chinois étudie une proposition de ses experts qui pourrait être appliquée dès avant la fin du plan quinquennal 2011-2015. Dans un premier temps, les industries les plus gourmandes en pétrole, gaz et charbon -la première source d'énergie en Chine- paieraient 10 yuans (1,24 euro) par tonne de CO2 (gaz carbonique) rejetée dans l'atmosphère. Un niveau faible à comparer à la tonne de carbone échangée sur le marché européen à 6,22 euros, son niveau pourtant le plus bas depuis 2008. La taxe chinoise serait progressivement augmentée.
La Chine s'est engagée en 2009 à réduire son intensité carbone (les rejets polluants rapportés au PIB) de 17% de 2011 à 2015. Parmi les mesures envisagées, le plus gros pollueur mondial prévoit aussi des marchés régionaux du CO2. Autant d'actes qui permettent à Pékin de se présenter comme une puissance multipliant les efforts à domicile et lui donnent des arguments supplémentaires pour refuser que ses compagnies aériennes se soumettent à la loi européenne entrée en vigueur le 1er janvier. Sur le dossier aérien, Pékin est allié à l'Inde et les États-Unis et soutenu par l'Association internationale du transport aérien (Iata).
