Dominique Vlasto, vos actions en tant que députés européens ?
DV : Au Parlement européen, je suis titulaire dans la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie et suis suppléante dans la commission des transports et du tourisme. Titulaire veut dire que je représente la délégation UMP et c'est donc là que je travaille d'abord, notamment pour soutenir les PME, la recherche et le développement, la compétitivité de nos entreprises, le développement des énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique. Etre suppléante en revanche consiste à remplacer un autre membre de sa délégation quand il est indisponible pour un vote : mais cela permet aussi de travailler sur les dossiers puisque en transports, j'ai été rapporteur du Parlement européen sur la sécurité maritime, un gros dossier visant à améliorer la sécurité des navires et des ports.
Pour vous quel est l'enjeu majeur de ces élections européennes ?
DV : Permettre à la France et au Président de la République de garder le positionnement de notre pays en Europe et dans le monde. La présidence de la France à la tête de l'Union Européenne, de juillet à décembre dernier, a été saluée partout dans le monde grâce, entre autre, au règlement du conflit géorgien, à la relance du traité européen et au dynamisme de notre Président pour agir face à la crise financière. La France est à nouveau écoutée, force de proposition et l'Europe au centre du monde (le G20). L'Europe, désormais, discute d'égal à égal avec les grandes puissances de ce monde ; Etats-Unis, Russie, Chine.
Le 7 juin, il faut que les listes UMP soient devant pour continuer ce travail parce qu'aujourd'hui, au niveau européen, la droite est majoritaire dans 19 pays sur 27 : nous avons une ligne politique claire et si nous sommes majoritaires au Parlement européen, il y aura une vraie cohérence permettant à toute l'Europe d'avancer dans la même direction.
Qu'est ce que vous souhaitez particulièrement apporter en tant que députée dans cette Europe ?
DV : Du concret. Vous savez, je suis une élue de terrain et donc ce qui m'intéresse, ce sont les résultats - j'allais dire visibles - comme en commission des transports où il y a de grands défis à relever, notamment pour des transports plus propres mais aussi le désenclavement de régions comme la notre : je veux par exemple que l'Europe nous aide à prolonger la LGV PACA vers Gênes, Milan et Rome.
Je veux rappeler que l'Europe va du Nord au Sud : on a fait les élargissements à l'Est, maintenant il faut rééquilibrer les programmes en tenant aussi compte de nos régions. Par exemple, il serait temps de faire cette force européenne de protection civile, capable de lutter contre les incendies, d'aider en cas de catastrophe naturelle ou de pollution marine : c'est très important pour l'Europe du Sud et avec des Députés européens de ces pays, je voudrais le proposer.
Comment notre Région bénéficie de la construction de l'Union européenne sur des actions plus spécifiquement tournées vers le développement durable ? Que proposez-vous pour que la communauté européenne soit plus active dans le DD et la RSE ?
DV : Elle en profite déjà beaucoup avec toutes les aides au développement régional, soit plus de 800 millions d'euros entre 2007 et 2013 qui servent pour soutenir l'emploi, la formation, le développement durable ou la construction d'infrastructures. C'est souvent méconnu parce que l'Europe cofinance aux côtés des autres collectivités mais bien souvent, ces aides européennes font levier et rendent les projets possibles. L'Union soutient aussi le plus grand chantier de développement urbain en Europe, à savoir Euroméditerranée à Marseille. Et grâce à l'UE, notre région coopère avec les régions voisines d'Italie et d'Espagne : il faut d'ailleurs renforcer ces partenariats, dans l'économie, les transports ou l'environnement.
La politique environnementale est très largement inspirée par les décisions européennes : le traitement des déchets, les stations d'épuration d'eau, les plans de qualité de l'air sont autant d'exemples de textes d'abord votés au parlement européen puis appliqués dans les Etats membres. C'est donc déjà une politique européenne très importante.
On l'a encore vu plus récemment avec les actions fortes pour lutter contre le changement climatique. L'Europe s'est fixée pour objectif de réduire de 20% sa consommation d'énergie, d'augmenter de 20% son efficacité énergétique et d'utiliser 20% d'énergies renouvelables. Ce sont ces décisions qui vont permettre de développer les éco-constructions avec des bâtiments aux normes HQE mais aussi de réduire la pollution des voitures avec des moteurs plus propres.
Dans notre région, tout ceci s'applique : nous venons d'ouvrir à Marseille une des plus grandes stations d'Europe de traitement des eaux usées, en application d'une directive européenne. Nous mettons aussi en place un plan climat pour la ville, visant à réduire nos émissions de CO2. Plus concrètement, c'est régler les problèmes de circulation, par exemple en soutenant le tunnel de Rabateau.
Et pour l'avenir, dans la foulée de ce que fait le gouvernement avec le Grenelle de la mer, je pense que l'Europe va devoir mettre en place une vraie politique maritime, pour mieux protéger nos côtes et nos mers mais aussi les métiers de la mer et le patrimoine marin : pour moi, ces politiques doivent changer parce qu'il faut aider les régions et villes littorales à rester des lieux de vie. Ce sera un changement à porter à Bruxelles.
Quel pacte social proposez-vous pour développer la cohésion sociale et inciter des acteurs à avoir une réflexion et des actions par rapport à la RSE ?
DV : La RSE, c'est un retour à un capitalisme à visage humain. Depuis 10 ans, je me bats pour que l'Europe aide les PME : ces entreprises créent de l'emploi, font vivre nos territoires, créer des liens entre les citoyens parce qu'elles s'investissent dans le développement local. Elles n'ont pas attendu le concept de RSE pour en faire une réalité.
Pour moi, c'est ce modèle qu'il faut développer, en incitant les écoles, les universités, les centres de recherche à travailler avec les PME pour créer des tissus économiques et sociaux denses. Quand un territoire dépend d'une seule entreprise, il y a une grande insécurité liée au risque de délocalisation. Quand il y a un tissu de PME, le pacte social repose sur plusieurs acteurs et les équilibres sont donc meilleurs.
Il faut savoir que 99% des entreprises européennes sont des PME, soit 23 millions d'entreprises : je me bats pour que l'Europe les défende et les soutienne. C'est ça ma priorité et je crois que ce sont ces entreprises qui peuvent développer la cohésion sociale.
Quel est l'enjeu de ces élections pour l'Euroméditerranée ?
DV : Réussir l'Union pour la Méditerranée, avec ses projets concrets comme la dépollution de la Méditerranée. Et avec Marseille-Provence, Capitale européenne de la Culture en 2013, je veux aussi donner une plus-value culturelle à cette Union pour la Méditerranée.
L'Europe a été créée pour instaurer la paix. Elle a fortement aidé à la stabilité et à la démocratie dans les pays de l'Est, elle doit maintenant se tourner de plus en plus vers les pays de l'Union pour la Méditerranée.
Elle doit encore plus s'impliquer pour éviter les conflits dans ces pays méditerranéens, pour stabiliser leur économie car chaque crise a des conséquences graves pour leur économie mais aussi pour la notre qui exporte particulièrement vers ces pays.
L'Europe doit se tourner vers le Sud et comptez sur moi pour y arriver !
Comment voyez-vous les enjeux du DD par rapport à la crise du capitalisme ?
DV : Le développement durable va créer de nouvelles filières, de nouveaux emplois. Il va créer de nouvelles attitudes aussi bien dans notre vie de tous les jours que dans celles de nos entreprises. Notre monde est en demande de plus d'éthique et de transparence.
Le capitalisme va changer et avec l'Europe, nous pouvons être maître de ce changement et ne pas le subir, décider avec les autres grandes puissances et fixer les règles du capitalisme de demain. C'est une vraie opportunité pour faire du DD un pilier d'une économie plus saine et plus humaine : c'est comme ça que je vois le capitalisme évoluer et je suis convaincue que l'UE a le poids pour arriver à ce changement.
L'Europe permet de se serrer les coudes. L'euro y joue un rôle important, il n'y a qu'à voir ce qui se passe en Angleterre ....