http://www.legrenelle-mer.gouv.fr/spip.php?
Jean-Louis Borloo, enprésence de Dominique Bussereau et Hubert Falco, a reçu, mardi 9 juin 2009, larestitution des travaux des quatre groupes de travail du Grenelle de la Mer.Les propositions remises au ministre d'Etat ouvrent une nouvelle étape, cellede la consultation des Français :
La remise de ces rapportsmarque une étape importante dans l'avancement du Grenelle de la Mer. Depuis le27 février dernier, les quatre groupes, réunissant autour d'une même tableexperts, représentants des syndicats, du patronat, de l'Etat et desassociations et ONG de protection de l'environnement, ont travaillé surl'élaboration de propositions pour traiter des grands enjeux liés à la mer etau littoral, à la préservation des milieux et à l'exploitation durable de sesressources.
Il s'agissait d'engagerune grande concertation avec tous les acteurs du monde maritime, les premiersconcernés, mais pas les seuls, par le devenir de leurs activités et le devenirmême de la mer.
Les groupes detravail
Tous les rapports desgroupes de travail sont en ligne sur le site http://www.legrenelle-mer.gouv.fr
Le Grenelle de lamer est-il seulement « un grenelle de plus » ? Pas forcément, au vu de l'implicationcollective des ONG. Rassemblées, elles « rament à contre sens » pour promouvoirune approche éco-systémique des mers et océans, et une gouvernance plusrigoureuse.
La première phase du Grenelle de lamer, lancé début avril dernier par Jean-Louis Borloo, est terminée. Les quatregroupes de travail (sur le littoral, les ressources halieutiques, lasensibilisation du grand public et la gouvernance) remettent leur synthèses auministère de l'Environnement mardi 9 juin. Fruits de longues concertations entrereprésentants de l'Etat, des syndicats, du patronat, des élus et des ONG, cesrecommandations seront soumises à consultation publique tout au long du mois dejuin, avant d'atterrir sur la table ronde finale, qui devrait déboucher, selonle ministère, « sur une séried'engagements précis, quantifiés et partagés. » Des engagementsd'autant plus attendus par les ONG qu'elles ont fait preuve d'une coopérationorganisée dans un exercice difficile, compte-tenu des enjeux écologiques etéconomiques, et des positions parfois très divergentes des différents acteurs.
Une coopération en amont desconcertations nationales
Premier élément de leur engagementcommun : la création d'une plateforme de propositions, mise en place avantles rencontres du Grenelle. « Cette bonne concertation entre les associations environnementales est à la foispositive et nouvelle. Elle a permis de défendre une position commune, ce quin'était pas forcément gagné, puisque les problématiques de la mer sont trèssectorielles.», précise Emmanuel Buovolo, de Greenpeace. Au sortirde cette plateforme, la fondation Nicolas Hulot, l'UICN, et lesassociations Bloom, Greenpeace et WWF ont donc établi leur revendicationscommunes en matière de pêche, de protection de la biodiversité, ou encore de gestionintégrée des aires marines, qu'elles ont défendues lors des rencontresnationales. « Cette plateforme est sans doute perfectible, ajoute Jacky Bonnemains, président de l'association Robin desBois, nous sommes surement passés à côté de sujets importants. Mais elle a lemérite de valoriser nos complémentarités. » Seul bémolnéanmoins, l'absence de France Nature Environnement (FNE) au sein de laplateforme. Une absence que Christian Garnier, vice-président de FNE justifiepar un calendrier trop serré. « Nousavons fait un choix. Celui de consulter toutes nos fédérations du littoral pourrecueillir les informations qu'elles souhaitaient faire remonter. Notreparticipation à la plateforme était donc matériellement impossible. Si nousavions eu six mois de plus, nous aurions surement agit différemment. »Toutefois, l'association a marqué son empreinte sur ce Grenelle en co-signantavec les syndicats CGT, CFDT et CFE- CGC un accord « pour une pêche écologiquement et socialementresponsable ».
Un contrepoids àl'exploitation des ressources
Cette coopération a surtout permisaux associations d'impulser une véritable discussion sur de nombreux sujets.Selon Emmanuel Buovolo, « sans lesONG, certains enjeux n'auraient pas été mis en avant, notamment la pêche. »Propos confirmés par Bernard Cressens, directeur des programmesWWF-France : « à la première réuniondu Grenelle, on a souligné que les mots "environnement","biodiversité" et "pêche" étaient absents du débat, ce àquoi on nous a rétorqué "on ne va pas refaire le Grenelle del'environnement". Iln'y avait pas de réflexion globale ! Les débats étaient surtout axésautour du développement des activités marines et maritimes. Du coup, nous avonsmenacé d'alerter la presse ou de nous retirer des discussions. »Un bras de fer efficace puisque l'approche éco-systémique a finalement étéabordée dans chacun des groupes de travail. « Les syndicats et nous-mêmes avions l'expérience du Grenelle del'environnement. Du coup, nous avons pu mettre les points sur les "i"aux moments voulus. » Pour Christian Garnier, les leçonstirées du Grenelle de l'Environnement auront permis une meilleureopérationnalité des associations. Avis que partagent ces homologues deGreenpeace, WWF et Robin des Bois.
Bémolsur la participation ultra-marine
Pourtant mise en avant par legouvernement comme centrale dans ce Grenelle de la mer, la participation del'Outre-mer aux réunions de concertation s'est avérée un peu tiède. EmmanuelBuovolo regrette la présence minoritaire de représentants ultra-marins dans songroupe de travail (sur le thème du littoral). « D'un point de vue logistique, l'intégration desultra-marins aux réunions parisiennes était délicate. » Etpour cause, les dates des réunions, souvent espacées de plus d'une semaine,supposaient de nombreux allers-retours entre les territoires d'Outre-mer et lamétropole. Mais pour Christian Garnier, « leplus important est que des rencontres aient lieu sur place, qu'il existe uneréflexion locale. » FNE projette d'ailleurs de réunir cesfédérations ultra-marines, « puisqu'ellesont souvent les mêmes problématiques, et des propositions intéressantes àpartager. »